Université de Poitiers
Le 23 janvier 2006 par Sud Education 86
Rapide compte rendu de la CPE du mardi 17 janvier 2006 par Gregory Sicaud, élu SUD Éducation Université de Poitiers (20 janvier 2006)
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Je suis élu SUD Education à la CPE de l’Université de Poitiers ; c’était ma première CPE, le baptême du feu quoi. Le suppléant Jacky Desroche était également présent. L’ordre du jour était chargé, et chargé de polémiques aussi. Voilà en gros ce qui c’est passé dans cette instance ... feutrée.
1 _ Premier point à l’ordre du jour : Journée de solidarité
(vous vous rappelez ? Cette histoire de lundi de pentecôte que Raffarin a fait sauter pour, paraît-il, être solidaire des personnes âgées et verser notre obole...). Le bilan avait été fait l’année passée que finalement ça ne rapportait pas un rond, que les gens n’étaient pas contents, que les petits-enfants n’allaient plus voir les papys-mamies ... enfin quoi, le gouvernement avait décidé que chacun allait choisir dans son coin quel jour il allait sucrer à ses employés.
A l’Université de Poitiers la présidence proposait que la journée de Solidarité soit, cette année, le lundi 8 mai.
Pour SUD Education : pas question ! Pour commencer nous continuons à nous opposer à cette journée de travail gratuit. J’ai protesté contre cette notion de la solidarité qui ne repose que sur les salariés et pas sur les patrons, les profits, ni même sur les capitaux. Nous avons également contesté qu’une date "laïque" soit choisie plutôt qu’une date "religieuse" ... tout cela révèle un état d’esprit, une façon de penser que nous ne partageons pas. Au départ j’avais l’impression qu’on était sur la même longueur d’onde avec la CGT. Et finalement non ... A&I (UNSA) a commencé à proposer de fractionner en plusieurs heures, ou de supprimer un jour de congé aux personnels : sympas les représentants du personnel ! Finalement un représentant de l’Administration (sur liste SNESUP au CA) a proposé, avec le soutien étonnamment implicite de la CGT et du SNPTES (UNSA), que ce soit le 15 août qui saute. Je me refusais à proposer une journée de travail gratuit (pas le rôle d’un élu du personnel), donc après avoir, encore une fois, protesté contre le choix provoquant et indécent d’une date "laïque" plutôt que religieuse, j’ai proposé au président qui semblait nous dire qu’il était en désaccord personnel avec cette journée de solidarité, de déclarer une journée "université morte" le jour J, et de le faire savoir. C’etait possible, mais pour cela il aurait fallu à la présidence .... Quoi ? du courage , tout simplement.
Refus évidemment ; mais voilà ce que SUD a défendu, SEUL !
Les syndicats (SNPTES, AI, CGT) ont finalement négocié un 15 août, période de fermeture de l’université, ce qui revient à faire sauter une journée de congé aux personnels (et uniquement aux IATOSS, au passage !) ; mais après s’être assuré que l’administration était OK, ils ont voté contre ...
Je dois avouer que j’ai trouvé ça drôlement étonnant cette attitude de duplicité ... comme si on était au théâtre, comme si c’était pour les représentants syndicaux un jeux, une représentation, un spectacle ... d’un coté ils/elles négocient, s’arrangent, s’accommodent ; pour finalement choisir un petit vote en douce pour ne pas perdre la face ; mais ils n’y a pas eu de farouche opposition syndicale sur cette question. Je me suis trouvé bien seul ; et ce n’est pas très encourageant.
2 _ Congés annuels et congés de l’article 34 de la loi 84.16
SUD = Abstention On peut dire que c’est aussi une caractéristique de notre action dans les instances ... quand on n’est pas compétent, on ne fait pas semblant de l’être, on écoute, on enregistre ... et on s’abstient dans les votes. On ne vote pas "pour" parce qu’on ne fait pas confiance à l’employeur et on ne vote pas "contre" pour ne pas nuire aux personnels sur une question qu’on ne maîtrise pas.
3 _ Bilan social
Il faut d’abord dire que la Direction des Ressources Humaines a produit un volumineux document qui présente un ensemble de données sur les personnels de l’université de Poitiers (nombre de créations de postes, nombre de départs à la retraite prévus, horaires, congés, nombres d’hommes, de femmes, de précaires, de titulaires, de congés maladies, de formations, de visites médicales ...etc ...).
Un travail très bien fait, et très utile ; pour celles et ceux qui voudraient des renseignements, n’hésitez pas à me contacter.
Enfin quoi c’est du bon boulot, et pour une fois qu’on peut faire un compliment, on va pas s’en priver.
La Directrice des Ressources Humaines a fait une rapide présentation synthétique de ce document.
Il m’a semblé que ça appelait une réaction, donc SUD a dit :
(en gros) :
"*la précarité a encore augmenté, et vu la façon qu’a eu la DRH de présenter le bilan social on peut craindre que la présidence ne se serve des départs en retraite pour "déprécariser". Or pour nous :
TOUS les départs doivent être remplacés par des FONCTIONNAIRES
TOUS les précaires doivent être TITULARISES.
Les titulaires comme les précaires travaillent, ils sont indispensable à l’établissement, et se servir des postes de titulaires qui partent à la retraite conduit à diminuer le nombres de personnels de l’ établissement ... sauf à embaucher, encore, de nouveaux précaires ... et ce n’est pas le but !
SUD s’opposera a toute tentative de ce genre.
La promotion ne concerne que 4,5% des agents ... que compte faire la présidence ?
Le Bilan Social montre une relativement faible fréquentation de la médecine "du travail" ; alors que les congés maladies augmentent, que les problèmes de harcèlement moral sont de + en + nombreux, que la "désorganisation du travail" génère toujours plus de stress ... A-t’il été décidé de proposer quelque chose en terme de moyen médicaux ?
Quoi qu’il en soit, c’est une revendication pour nous !" Nouvel étonnement pour moi, finalement les représentants de la CGT et du SNPTES ont donné dans le : "comme le dit SUD , ceci-cela." en concluant SYSTEMATIQUEMENT : on ne peut rien y faire, c’est à cause du ministère.
La responsable de la médecine préventive a expliqué que les agents qui demandaient à la rencontrer était 3 FOIS PLUS NOMBREUX en 2005 qu’en 2004, qu’effectivement il y avait des problèmes de stress important.
La discussion commençait à devenir intéressante, on parlait enfin des vrais problèmes des personnels de l’Université, à mettre nos responsables en face de leurs responsabilités ... et, peut-être de peur que ça ne devienne trop passionnant, le SNPTES UNSA est intervenu pour demander à ce qu’on se serve des départs à la retraite pour la promotion des agents. Et , cerise sur le gâteau, vous savez cette étincelle qui fait déborder le vase ... A&I UNSA clôt le débat par une revendication forte : " on veut + de NBI pour les cadres A". Ite, missa est ! Mais quelle honte quand même.
4 _ Plan de formation
Exposé très complet d’O. Forget sur le plan de formation 2006 ; et début de bilan du plan 2005. Encore une fois de bons documents nous ont été transmis ; je les tiens à votre disposition, pour qui voudrait les consulter. Ma première intervention fut la suivante (à peu près) : " SUD est OK avec le dispositif d’accompagnement des nouveaux ; demande d’un mémo pour les personnels (ça se fait dans d’autres facs, il y a dessus, les droits des personnels, le décryptage de la fiche de paye ...etc ... toutes ces choses que les syndicats n’ont pas à faire hein :-)) Et SUD réagit vivement à une information aberrante : Pour prétendre à une maigre "évolution" salariale les CDD de l’Université doivent s’inscrire à un concours et à une formation pour le préparer, obligatoire, sinon, pas de sous ! Évidemment je conteste ce traitement des personnels précaires et propose donc de CONTRAINDRE TOUS LES CADRES à suivre une formation "Gestion des conflits - gestion du stress" proposée par l’UP. Il faut bien reconnaître que malheureusement ça ne serait pas un luxe ... et attachez vos ceintures, les entretiens d’évaluations sont arrivés ... vous voyez ce que je veux dire. En fait la présidence ET les syndicats répondent qu’on ne peut pas contraindre les cadres . Ah bon ? Encore une fois, syndicats et directions "main dans la main" ... sur le dos des plus "fragiles", en défense des plus "forts". Je suis peut-être un peu caricaturale, mais enfin je trouve ça tellement choquant ! Bon, en dehors de ce genre d’aberration, globalement le topo formation tient la route et je ne le trouve pas mauvais.
5 _ Primes Tous le monde est content sauf la CGT qui veut que la NBI soit plus "lisible". Ronronnement ... alors je prends la parole pour dire qu’à SUD on est, et on reste, CONTRE le régime indemnitaire, POUR l’intégration des primes au salaire. Les primes ça fait peut-être de l’argent en +, mais ça ne compte pas dans la retraite ; ça fait une sacrée perte lors d’un congé maladie de longue durée, idem pour un congé formation. Bref, nous à SUD ce qu’on demande c’est pas des primes mais un salaire correct pour tous le monde. Et toc ! Enfin, tout le monde est resté content quand même.
6 - Commission des Opérations de Recrutements (de CDD).
Il s’agit d’une commission qui "observe" ce qu’on veut bien lui donner à observer lors des recrutements de personnels précaires. Bon, ça pourrait servir à rendre les choses transparentes, mais le fait est qu’elles sont, et restent, opaques. Alors ça sert plutôt à promener des représentants du personnels, ... Enfin, n’empêche que ça a un certain succès. Le SNPTES dégaine le premier et propose 2 personnes, A&I aussi, la CGT aussi ... et ... SUD est CONTRE la participation à ce genre de mascarade. Eh oui, pour nous ce n’est pas le rôle des syndicalistes que de donner caution à l’employeur dans sa gestion de la précarité ! Et crac ! Enfin la composition de cette commission me laisse rêveur ... pour le moins ... mais je laisse le soin aux syndicats qui sont partie prenante de vous communiquer les noms qui composent la dite liste.
Concluons dans la joie et l’allégresse : C’est assez terrible comme réunion ... il y a un ronronnement, un murmure permanent qui raisonne un peu comme un truc qui dirait "ah, ma pov’ dame, mon pov’ monsieur, c’est comme ça, on peut rin y faire. Eh oui, holala, c’est bin triste, mais qu’est-ce que vous voulez ...". Forcement la présence de SUD ça change un peu de ce point de vue... déjà parce qu’avec la multiplication de mes discours-fleuve ça a fait débaucher tout le monde en retard, ensuite parce que ça créé comme une gène, enfin j’ai l’impression ... c’est rigolo à voir :-) Mais, mais, mais ... c’est du boulot et il y a des positions à défendre. Alors, si vous avez des doléances, des choses à dire, des coups de gueules ; enfin quoi si vous voulez dire quoique ce soit à votre représentant préféré il suffit d’un coup de biniou téléphonique au : 41-11 ou d’un coup de cornemuse électronique ici :
gregory.sicaud@univ-poitiers.fr
Facile, non ?
A bientôt dans la rue, ici, là ou ailleurs.